A force de voir des pigeons écrasés, je ne sais pas ce qui s'est passé ce jour là, le monde était gris, le ciel, la route, les murs et ce teint mon Dieu ce teint quelle horreur où sont passées les couleurs, je me demande si j'ai bien fait d'aller au Louvre à ce moment, je n'ai vu que les momies et je me suis souvenue que la couleur de la mort ce n'est pas le rouge ni le noir, c'est le gris, la ville est morte, je suis trop douce…


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Il faut la choisir bien bien mûre, prête à exploser, fondante, juteuse, un parfum qui renverse le cerveau,  un goût qui dégouline dans les oreilles… Et choisir une belle cible, un personnage bien déplaisant, choisit n'importe où, palier, rue, télé, journal, radio, mairie, élysée, à l'étranger aussi on peut trouver, et c'est très facile : prendre la tomate dans la main, une pression juste suffisante pour qu'elle n'éclate pas encore, bien balancer le bras en arrière et wouuuu… Aaaah mais STOP tu n'as pas vu ce flou, c'est mon coeur que tu viens de jeter comme ça !


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La vie m'a faite, le travail, l'expérience, je progresse sans cesse, le rouge n'est pas rouge mais profondeur, couleur réelle, la lumière est entrée. Je ne suis plus une image, mais un vécu.

Et en vieillissant, je me rapprocherai encore de l'essentiel… (la peinture c'est la vie !)

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Ils sont là, ailleurs, en bas, perdus, je m'en mèle, ils s'emmèlent, qui est devant, pourquoi tu pleures, j'ai encore froid, l'enfant a faim, bientôt la nuit, déjà le jour, qui a dormi ?


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C'est un chien peint par Goya dans la maison du sourd, je ne mettrais même pas le lien, il est si parfait, il ne faut surtout pas comparer…
Il a été repris par plusieurs peintres, dont un mexicain qui travaille beaucoup sur les squelettes… Sans parler de Saura qui a un vrai beau site, et si vous ne voulez voir que ce qu'il a fait du chien de Goya, allez donc fouiller dans ses peintures !                                     





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Balayé par le vent, les feuilles arrachées, les branches écartelées, il s'accroche encore, ou est-il déjà mort ?
Bonzaï torturé, englouti dans le peu d'espace laissé, coupé, tordu, déformé, rompu à une volonté sadique, à un pouvoir démesuré, et sa beauté encore me fait frissonner… Je le garderai mort, tel une relique, un souvenir de vie, jusqu'à ce que la pourriture le détruise tout à fait et que son coeur dévoré disparaisse.



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