Ma robe déborde, dégouline de son cadre, elle est plus vivante que mon corps et si je me penche encore, je vais tomber.
L'apparence est plus puissante et plus lourde que les tendons retenant les muscles accrochés, crispés sur le rebord, essayant maladroitement de sauver l'humanité qui reste agrippée en moi.
Si j'étais moins sauvage, je porterais mes robes sans qu'elles m'entrainent dans le caniveau, tant pis, je suis mieux en pantalon.


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C'est presque l'hiver, la grande hibernation peut commencer, et quand on voit le monde, la tentation est si grande de se cacher la tête dans l'oreiller. Mais il faut être prudent, rester couché, c'est se couper du reste, de son corps même, et à quoi sert une tête coupée, même dans le meilleur des oreillers ???


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Je les ai oubliées au fin fond de l'atelier, là bas, trop loin, quelle taille, je ne sais plus, grandes, plus grandes que la nature, monstrueuses, anormales, dévorantes, fleurs ogresses pleines de nuit, profondes, obscures, presque nénuphars si tu as peur de sombrer dans l'inconnu, méfiance, tu les crois pleines de miel quand elles sont vénéneuses, bouffeuses de vies, d'enfants, de joies, on s'y perd il ne faut surtout pas les contempler trop longtemps passe ton chemin si tu tiens à ton équilibre, pars vite ce sont des morceaux de sirènes, bouts de chairs muettes, ouvre les oreilles mais ferme les yeux, ne respire plus surtout, on ne sait jamais par quel biais le parfum trouve un interstice pour se faufiler jusqu'au sens…


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Bouge, bouge, tout tremble, la mer monte, les montagnes sont englouties, la neige recouvre tout, le soleil brûle, les roches s'effondrent, c'est la course, la panique, il faut réagir, sauver les enfants, sauver les parents, les étrangers, les autochtones, les amis, les ennemis, les animaux, les plantes vertes, les livres, les meubles, les peintures, les disques, les enfants d'abord, pas choisir, les sauver tous, les soigner, les faire grandir, les empêcher de se consumer, de se consommer, de trop consommer, les recompter, j'en ai perdu un, où sont les autres, qui dérive, qui a coulé, c'est trop tard, j'ai rêvé ?

 

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La lumière est terne, la couleur un peu violette neutralise les désirs, la fleur est molle, moitié morte, peut être bien qu'un ange essaie de passer?
ou bien
douceurs, douceurs, l'amour et l'étreinte secrète consoleront nos pires chagrins et tu trouveras en moi la paix du monde, et ensemble on se battra pour le meilleur…



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Coup de poing, coup de pied, tuméfié, torturé, le corps n'est plus plaisir mais douleur, tant pis, il faut foncer, le sang coule, faut se battre, même avec un oeil au beurre noir et une bouche bleue, je me relève la rage aux dents, les poings en avant, ramasser un pavé, c'est reparti, rouge, noir, ça pète, ça pue, bleu, ça fait mal, jaune, blanc, ça gicle, je saute, je cours je contourne et paf, bing, mon ventre s'éclate, je vis encore, j'ai peur de rien, je fulmine, le coeur sursaute, tressaute de colère, se bat encore, encore, encore………


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